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Sierre et sa région - Crans-Montana


A la fin du 19ème siècle, Louis Antille et Michel Zufferey, hôteliers à Sierre, achetèrent à la Grande Bourgeoisie de Lens (Village de la Louable Contrée) 33000 m2 de terrain, et construisirent l'hôtel du Parc, inauguré en 1892.

Cet hôtel accueillait des sportifs l'hiver et grâce au climat bienfaisant de ces lieux, le docteur Stéphani de Leysin qui y séjourna au début, conseillait à ses malades de s'y rendre pour un séjour durant l'été.

C'était très difficilement que l'on parvenait de la plaine jusqu'à l'hôtel car si la route était encore aisée jusqu'à Corin, (premier village, en venant de Sierre)il fallait ensuite emprunter des sentiers muletiers. Le Docteur Stéphani, qui entre-temps avait élu domocile dans ces lieux, associé à Louis Antille, fit construire une route carrossable à péage.

Le docteur Stéphani créa ensuite avec l'aide de financiers genevois un établissement de cure. Ainsi en 1809 fut inauguré, le sanatorium Beauregard, qui, après que le docteur Stéphani fut sorti de l'affaire, fit faillite.

En 1900 le docteur Stéphani, grâce à des fonds personnels, construisit son propre établissement (sanatorium). Il encouragea également le canton de Genève à créer un sanatorium : "le Clairmont". Par la suite d'autres sanatorium furent construits.




En 1907, Montana possédait quelques hôtels, une clinique, une poste, un télégraphe et un bazar au Palace, mais pas de magasin. On atteignait la station climatique depuis Sierre en trois heures de voitures à chevaux..




En 1909 un commerçant de Chermignon construit un bâtiment où sera installés un restaurant, une épicerie et une boucherie. Plus tard, cette construction allait devenir sanatorium puis l'Hôtel Victoria.

La première personne à s'intéresser au tourisme fut Louis Rey, de Chermignon. Deux autres chermignonards montèrent une cabane utilisée comme buvette par les joueurs de golf. C'est à l'emplacement de cette cabane que fut bâti en 1914 l'Hôtel du Golf. D'autres hôtels furent construits peu après par des gens du pays.




C'est en 1912 que fut inauguré le funiculaire pour relier Montana à Sierre.

funiculaire dans les années 40

Malheureusement éclata la guerre de 14-18. Durant cette période, Le développement de la station cessa. Le Golf-Hôtel accueillit des internés français. Après la guerre, Montana devint une station de cure réputée et de nouveaux hôtels furent construits afin de recevoir principalement des curistes. Quelques Suisses allemands et des Italiens; mais aussi des gens du pays, ouvrirent des magasins.




Les malades en séjour à Montana, des personnes plutôt fortunées, avaient besoin d'un peu de distraction. Ainsi des soirées mondaines étaient organisées ainsi que des concerts, des théatres, etc...




En 1930, le Comité d'Initiative de Montana envoya un pétition au Grand Conseil Valaisan, demandant la création d'une commune séparée à Montana-Station, en raison de l'incapacité des communes rurales en matière de tourisme,Cette pétition mettait en évidence, le déséquilibre économique et social entre les villages et l'agglomération touristique. Ainsi l'ouest du Haut-Plateau,qui était géré par des gens du pays se sépara de Montana et la Société coopérative des Sports et de Développement de Crans fut constituée en 1928 avec pour buts de faire de Crans un endroit de tourisme sportif pour se distinguer de Montana qui était plutôt un lieu destiné aux curistes. C'est surtout le golf qui donna un attrait à la station et attira de nombreuses personnalités; tels les familles royales de Belgique, d'Espagne, d'Italie et des Pays-Bas, des industriels et des financiers dont les Philips et les Carnegie.




C'est la paroisse de Montana-Station créée en 1928 et desservant tout le Haut-Plateau qui pendant de nombreuses années favorisa le lien entre les deux Stations.




De nombreux commerçants et hôteliers tombèrent en faillite lors de la crise des années 30; ce qui ralentit l'essor des stations durant cette période. Par contre, la seconde guerre mondiale affecta très peu l'économie touristique grâce aux nombreux réfugiés en vacances sur le Haut-Plateau, ou installés, tels les compositeurs Paul Indemith et Darius Milhaud.




Nous avons retrouvé un carnet de fête édité à l'occasion des fêtes du Cinquantenaire de Montana-Vermala qui eurent lieu du 29 août au 5 septembre 1943, dont voici la préface, rédigée par une personne ayant signé des initiales : R.B.

LE BEL AGE
En cette fin d'août 1943, on fête la Cinquantenaire de Montana-Vermala. Mais sommes-nous bien certains que notre station n'ait que cinquante ans d'âge ? Pourquoi pas cinq cents ou mille ? On y a trouvé, dans les environs, des vestiges romains, et l'imagination de galoper aussitôt vers ces temps reculés.

Mais un demi-siècle d'existence bien contrôlé, c'est déjà fort beau. Dans la famille des stations valaisannes, c'est à peine si Zermatt peut se targuer d'un certain droit d'aînesse...

Au commencement étaient les pâturages,quelques mazots. Le printemps venu, les gens des villages montaient par étapes vers les hauteurs. On gagnait avec les troupeaux, les uns, le Crans de Montana, les autres le Crans de Lens ou celui de Chermignon. (De là ce nom de Crans qui signifie étage.)

En 1893, fut ouvert aux touristes le premier hôtel de la station : c'est l'hôtel du Parc, baptisé à l'époque, Grand Hôtel de Crans. Louis ANTILLE, Valaisan ayant logntemps pratiqué l'hôtellerie en France et Michel ZUFFEREY, propriétaire de l'Hôtel Bellevue à Sierre, sont les deux hommes qui ont su reconnaître les premiers, les avantage exceptionnels des lieux où ils décidèrent de s'établir.

Il convient d'associer aux noms des premiers hôteliers celui du Docteur Théodore STEPHANI. Les premiers ont vu le côté touristique de la contrée; le DR STEPHANI a su entrevoir l'avenir de Montana comme station climatérique.

Chers hôtes que nous convions à cette fête, nous n'allons pas vous décrire la beauté du panorama. La plupart d'entre vous n'en êtes pas au premier séjour. Tout éloge-prospectus de Montana s'adresserait à des convaincus...

Cinquante ans ! c'est le bel âge, entend-on dire fréquemment. Nous savons que le jubilaire jouit d'une excellente santé. Il fait même des projets dont le moindre consiste à se munir d'un bon ski-lift, ce couronnement des stations de sports d'hiver.

Il nous semble que les promoteurs des fêtes du Cinquantenaire ont bien fait les choses. Sous le patronnage des deux Communes de Randogne et de Montana et de la Société de Développement, un Comité d'Organisation a dressé le copieux programme que l'on trouvera ci-après. De plus, on s'est adressé à des spécialistes du festival.

Maurice ZERMATTEN a écrit "LES BATISSEURS DANS LA MONTAGNE", pièce pour laquelle Georges HAENNI a composé la partie musicale. Paul PASQUIER, du Théatre de Lausanne, assume la mise en scène. Ces trois noms vous sont trop connu pour qu'il soit utile de vous les présenter. Nous savons ne pas présumer imprudemment de votre gratitude en remerciant au nom de tous, hôtes et indigènes, tous ceux qui, de près ou de loin, contribuent à réaliser le programme des festivités.

Mais nous permettra-t-on de regretter une chose au seuil des réjouissances auxquelles on nous convie : l'absence de tant d'amis de Montana, empêchés, quelque part dans le monde ?

Il faudra donner, pour eux, une réédition des Fêtes du Cinquantenaire, quand nous saurons que plus rien ne retiendra nos lointains invités.





Après la guerre, les stations conservèrent chacune leur particularité. Montana accueillait toujours ses curistes avec leur vie mondaine et culturelle. La station de Crans, plutôt sportive, n'était pas en reste en ce qui concernait la vie culturelle. Toute les années, on pouvait côtoyer des gens d'esprit, tels Jean Cocteau, André Malraux, Anna de Noailles et bien d'autres encore. Dans ces années-là, les stations s'équipèrent de ski-lifts et d'une télécabine.




Et vinrent les année soixante et la mode de la para-hôtellerie. Des résidences sont alors construites pour être vendues comme appartements de vacances. Les découvertes de la médecine permettant alors d'enrayer les affections pulmonaires, l'époque des stations de cure prit fin et l'on implanta des remontées mécaniques sur les pentes du Haut-Plateau, et Montana sera aussi une station de plus en plus accès sur les sports de neige. Crans devient la station à la mode fréquentée par le monde du cinéma, des lettres et des arts. Commerces de luxe et boîtes de nuit se multiplièrent très rapidement. Pour les gens du pays,jadis simple paysan à la vie rustique et dure, cette époque fut euphorique. "L'or blanc" leur tombait du ciel à profusion. Une tour de dix-sept étage se construisit à Montana-Vermala. A Aminona, tout un complexe d'appartements de vacances. Des constructions pas toujours en harmonie avec le paysage, mais heureusement dans les années septante, l'on devient plus raisonnables et l'on bâtit, à la place de ces tours anonymes, de beaux grands chalets qui s'intègrent parfaitement aux sites alpins.




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