Chatterie de la Navizence
Elevage suisse des races Bombay et Burmese
Armoiries de Sierre
Sierre et sa région - Anniviers


Présentation du Val d'Anniviers tiré de " Essai statistique sur le Canton du Valais, Editions Slatkine Genève 1978
Texte écrit en 1820 par Ph. Bridel pasteur de Montreux

Cette belle vallée a 7 lieues de long, sur trois dans sa plus grande largeur, commence au village de Pensay et remonte sur les deux rives de la Navissance jusqu'au pied des glaciers qui la ferment au Sud. Son seul débouché sur la plaine est obstrué par des rocs écroulés, à travers lesquels passe le dangereux sentier des Pontis.

Elle a eu, à ce qu'on croît, pour premiers colons des soldats Huns échappés d'Italie et cherchant à se fixer dans un lieu de sûreté ; long-temps sans communications ave le reste du Valais, ce fut assez tard que les évêques de Sion firent prêcher le christianisme à la horde païenne qui s'y multiplioit, et qui le rejetta pendant plusieurs années. Un de ses villages les plus reculés porte le nom de Mission et doit conserver le souvenir du séjour et des travaux des missionnaires qui vinrent s'y établir. Les plus anciens seigneurs connus de cette vallée en portoient le nom (de Annivisio). Les barons de Rarogne la possédèrent ensuite et la maîtrisèrent du haut de leur château de Perigard ou Beauregard détruit en 1415, quoiqu'il fut surnommé l'imprenable.

Peu de positions du Valais offre des mœurs plus simples et des habitants plus robustes et plus braves ; sobres, amis de la paix et grands travailleurs, les Anniviards ont dès long-temps banni de leur vallée les cabarets et la mendicité, et ne connoissent d'autre luxe que celui des repas des funérailles. Leurs montagnes renferment de l'argent du cuivre, du plomb, du cobalt, du soufre, de belles marcassites ; mais ces richesses minérales n'excitent point la cupidité de cette peuplade pastorale.

Toutes les maisons sont en bois, une multitude d'habitations sont disséminées des bords du torrent à mi-côte des monts. On compte environ 1600 âmes dans les vingt-cinq villages ou hameaux des deux communes de Luc (535), et de Vissoye (1075). Dans cette dernière, capitale de la vallée est la belle église de Sainte Euphémie ;plus haut s'ouvrent deux vallons, celui d'Ayer sur la gauche du torrent et celui de Grimenzi sur la droite, l'un et l'autre habités et couverts de riches prairies, quoique voisins de glaciers ; deux petits lacs embellissent le pied du mont Torren. L'amateur de paysages y trouvera en général les scènes les plus sublimes des hautes Alpes, à côté des tableaux les plus gracieux de l'Arcadie.

Le jésuite Roux, missionnaire fameux, martyrisé dans les Indes, étoit de cette vallée, où l'on rencontre des hommes doués de talens naturels, auxquels il ne manque que l'instruction pour les développer.




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